Si le droit forme le langage commun et le terrain d'entente naturel des différents acteurs des politiques publiques de la justice, il partage désormais sa prééminence avec le chiffre qui fait figure de passage obligé des débats sur la réforme judiciaire. La conversion collective aux vertus du chiffre et des techniques quantitatives ne doit certainement pas laisser croire à une forme de pacification progressive des débats en la matière. Elle est d'abord l'occasion d'une recomposition des savoirs et des pouvoirs qui s'opère au détriment des formes d'auto-régulation sociale qui caractérisait traditionnellement les mondes judiciaires.
While law constitutes the common language and natural common ground between the various actors in justice public policies, numbers are now considered equally important, and a vital aspect of the debates on judicial reform. The collective discussion on the virtues of numbers and quantitative techniques must clearly not give the impression that debates on the subject are gradually calming down. It is above all an opportunity for the reconstitution of knowledge and powers which is taking place to the detriment of the forms of social self-regulation that traditionally characterised judicial circles.