Abstract:
Depuis l’apparition du WWW dans les universités après 1994, on se pose la question de savoir si ce nouveau médium de la communication facilitera l’apocalypse des pratiques spécialistes et d’une ontologie séculaire des professions humanistes ou si, au contraire, il permettra de mieux y accéder et de produire des connaissances. Désenclaver la «culture haute» est encore plus facile au XXIe siècle avec l’apparition du web 2.0. Le défi n’est pas de savoir si le «digital turn» est bon ou mauvais, tablant sur le fait qu’il soit possible d’y échapper, mais il oblige les savants, dépositaires de la culture «haute», à s’impliquer pour dominer la transition aux Humanités Numériques. Se demander si une histoire 2.0 existe, c’est expliciter les enjeux et les de´fis d’aujourd’hui soulignant en quoi ils font crisser les certitudes du métier d’historien. Face aux besoins d’histoire de nos sociétés et à l’omniprésence des questions mémorielles, les historiens doivent s’abreuver des fondements de leur profession. Sans cette difficile prise de conscience, la révolution du numérique éliminera la capacité professionnelle de reconstruire le passe´. Elle aplatira sur un continuel présent cette dimension fondamentale : la recherche de soi que l’atelier de l’Historien propose à l’Humanité.